Peuples Autochtones

En juin 2019, alors qu’avec Olivier Bral, sérigraphe et co-éditeur de cette exposition, nous terminions la collection de sérigraphie Révolté.e.s, Rebelles et Hors la loi, je commençais à réfléchir à la création d’une nouvelle série d’affiches.

Olivier me parle alors d’une des ses lectures en cours, « la Société contre l’Etat » de Pierre Clastres. Curieux , je me procure le livre de cet anthropologue français , disparu en 1977. Dans ce livre , Pierre Clastres avance que les sociétés primitives ne sont pas des sociétés qui n’auraient pas encore découvert le pouvoir et l’État, mais au contraire des sociétés construites pour éviter que l’État n’apparaisse.

S’ensuit alors une période de documentation à la fois sur la thèse de Pierre Clastres mais aussi sur les Peuples Autochtones à travers le monde.

L’idée d’une collection sur les Peuples Autochtones fait son chemin, pour pouvoir raconter leurs histoires et mettre en lumière leurs cultures et leurs conditions de vie.

Sur tout les continents vivaient et vivent des communautés autochtones qui ont souffert de la colonisation et ensuite du culte insatiable de l’argent et de la consommation, tout cela au nom du « progrès » ( un ancien premier ministre a même avancé que la colonisation visait à partager sa culture). Leur environnement a été saccagé, certains ont connus et continuent à subir les violences de leurs Etats, beaucoup sont morts de maladies apportées par les colonisateurs.

Cette collection est en cours de développement, ici vous pourrez voir les premières affiches. A terme il s’agira d ‘une exposition de 25 affiches, 25 peuples par 25 artistes et…25 textes pour vous racontez l’histoire de chaque peuple.

Les textes accompagnants ici les affiches sont temporaires. Les futurs textes seront écrits par des journalistes, romanciers et chercheurs en sciences sociales. Il sera question d’histoire et d’anthropologie mais aussi d’écologie et de philosophie, il y aura également des interviews et de courtes nouvelles. Toutes les affiches sont imprimées en sérigraphie et sont disponibles à la vente en tirage limité.

Les Selk’nam, le peuple originel de la Terre de Feu, Chili, dessin de Tomas Ives

Les Selk’nam étaient un peuple de chasseurs cueilleurs arrivé sur la Terre de Feu il y aurait 10 000 ans, avant l’ouverture de Détroit de Magellan. L’arrivée de colons à partir du XIXeme siècle précipita leur disparition.
Les grands espaces de la Terre de Feu furent clôturés pour l’élevage de moutons et pour délimiter les terrains des prospecteurs d’or.
Les Selk’nam passèrent par dessus ces clôtures et chassèrent des moutons et il n’en fallu pas plus pour déclencher leur massacre. Quelques-uns furent pris en charge et survécurent dans des missions religieuses , où ils contractèrent des maladies auprès des colons.
D’une population estimée à 4000 individus en 1880, il n’en restait plus que 500 en 1905, 297 en 1919, 100 en 1930.
Aujourd’hui ce peuple est considéré comme disparu, les deux dernières représentantes Selk’nam seraient décédées en 1974 et 1999.
En 2007 des sénateurs chiliens proposèrent de reconnaître officiellement le génocide.,
Le dessin, œuvre de l’artiste chilien Tomas Ivès, représente certaines des peintures corporelles que les Selk’nam pratiquaient pour la cérémonie du Hain.

Les Guanches, Iles Canarie, Dessin de Baladi

Les Guanches sont le peuple autochtone des îles Canaries, seuls indigènes qui vivaient dans la région nommée Macaronésie( les Açores, le Cap-Vert, Madère et les Îles Selvagens). Ce sont les seuls Berbères à n’avoir pas été islamisés. Leur civilisation a disparu en tant que telle, mais a laissé des traces dans la culture canarienne et quelques vestiges.

Une partie des Guanches périt en résistant à la conquête espagnole de l’archipel, d’autres furent vendus comme esclaves, et la plupart embrassèrent de force la foi catholique, certains s’unissant par mariage aux conquérants.

L’économie sucrière sur l’île canarienne se développe dans les années 1490, en étroite relation avec la traite portugaise. La mise à sac de l’île s’accompagne de l’extermination et/ou de la réduction en esclavage des autochtones. Plusieurs milliers de Guanches sont réduits en esclavage et déportés vers les huertas et les propriétés agricoles de Valence et de Madère. Pour les années 1489-1497, l’historien António de Almeida Mendes a retrouvé la trace de 656 esclaves arrivés dans le seul port de Valence, dont 80 % de femmes. Plutôt que d’utiliser les Guanches dans les moulins canariens, les Espagnols préfèrent les déplacer hors de l’île afin de les couper de leur milieu et réduire les révoltes.

Alex Baladi est né en 1969 en Suisse. Après des études d’histoire de l’art puis de cinéma, c’est sa participation au début des années quatre-vingt-dix au mensuel Sauve-qui-peut(AtoZ), qui révèle ses talents en bande dessinée. Depuis, avec plus d’une trentaine d’ouvrages, il est devenu un auteur incontournable, publié chez la plupart des éditeurs « indépendants » comme Atrabile et la Cafetière, mais aussi L’Association, B.ü.L.b. comix, Drozophile, Groinge, Mosquito, Les Requins Marteaux ,6 Pieds sous terre ou dernièrement avec Hoochie Coochie . Il auto-édite aussi des petits albums et des fanzines.

Les Orang Asli, Malaisie, dessin de Fabrizio Dori

Orang Asli (« gens des origines » en malais) est le nom sous lequel, en Malaisie, on désigne les populations indigènes.

Les Orang Asli malaisiens vivent principalement dans les forêts de l’intérieur montagneux de la péninsule Malaise. Certains sont demeurés nomades et chasseurs-cueilleurs.

La catégorisation officielle du gouvernement malaisien distingue ainsi trois groupes : les Senoi les Proto-Malais. les Négritos

Au nom du développement, les Orang Aslis sont régulièrement poussés plus loin et voient ainsi leur habitat rétrécir à vue d’œil ( construction de barrage, déforestation, exploitation minière et développement des exploitation d’huile de palme ).

Fabrizio Dori est illustrateur et auteur de bandes dessinées qui vit à Milan. Après avoir étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Brera à Milan, il a travaillé dans le domaine de l’art. Il a exposé à Milan, Modène, Vérone, Ravenne, Udine, dans des Galeries comme « Luciano Inga-Pin », « Studio d’Arte Can- naviello », « Ninapì », « ArteRicambi », « Galleria San Salvatore »…
Il s’est fait connaître en adaptant en roman graphique, « Uno in diviso » (2013), un roman de Alcide Pierantozzi, publié en 2006.
Après « Gauguin, l’autre monde » (2016), sa première publication en France aux Éditions Sarbacane, il signe « Le dieu vagabond » (2018) et dernièrement le Divin Scénario ( Acte Sud 2021)

Les Turkana, Kenya, Ethiopie, Sud Soudan , dessin de Eric Feres

Les Turkana sont une population d’Afrique de l’Est vivant principalement au nord-ouest du Kenya dans une région chaude et aride située à l’ouest du Lac Turkana, mais également en Éthiopie et à un moindre degré au Soudan du Sud.

Les Turkana sont a l origine des éleveurs nomades, mais des sécheresses successives les ont rendus parfois dépendants de l aide alimentaire et beaucoup ont du trouver d autres sources d alimentation.

Des programmes d aide ont alors encouragé les Turkana à devenir pêcheurs sur le lac Turkana, plus grand lac en milieu désertique au monde. Mais le lac est aujourd’hui placé sur la liste du patrimoine mondial en péril Il pourrait subir le même sort que la mer d’Aral : le lac et son écosystème sont menacés par le réchauffement climatique, les projets d irrigation, les exploitations pétrolières, la pollution et le braconnage

Éric Feres fait ses études à la Villa Arson, une école d’art à Nice.
Il expose, en 2012, dans une galerie à Grenoble et participe à un recueil intitulé « Les Copains » (Jetseditions) en 2009 ainsi qu’au fanzine « Komiki » en 2013.
« Sabre » (Dargaud, 2019) est son premier album, une œuvre singulière et fascinante qui met en scène un petit tigre à dents de sabre durant le Pléistocène, album pour lequel il a reçu le prix Révélation Adagp/Quai des Bulles ! au Festival Quai des Bulles de Saint Malo.
Éric Feres vit et travaille à Lyon.

Les Nuers, Sud Soudan, dessin de Thierry Guitard

Les Nuer, le peuple du bétail, sont une population d’Afrique de l’Est vivant dans la haute vallée du Nil.

Dans les années 1930, la structure politique des Nuer a fait l’objet d’une étude par l’ethnologue britannique Evans-Pritchard,commanditée par le gouvernement du Soudan anglo-égyptien en difficulté avec ce peuple sans chef et sans hiérarchie.

Evans-Pritchard décrit cette société comme une « anarchie ordonnée ». Les individus ne sont pas soumis à un pouvoir et ne s’attachent pas à la conquête du pouvoir. Ils vivent en bonne harmonie sociale au sein de leur village. La structure politique s’exprime en langage lignager : c’est le système des lignages qui joue le rôle de structure politique. Les femmes stériles peuvent épouser une autre femme et choisir un homme pour vivre avec elles et rendre enceinte l’autre femme. L’enfant porte le nom de la femme stérile, qui bénéficie du statut de chef de famille, et est considéré comme le sien

Avec les guerres successives depuis les années 1990,un quart de la population a pu fuir vers les pays voisins, femmes, enfants et vieillards Nuer composent en 2016 une part importante des deux millions et demi de personnes déplacées à l’intérieur du Sud Soudan. Désormais regroupée dans des camps, la population Nuer ne survit que grâce à l’aide humanitaire, insuffisante.

Au début des années 1980, Thierry Guitard dessine pour des fanzines. Il publie son propre fanzine, La Pieuvre, en 1990, et expose régulièrement ses dessins et sérigraphies à la librairie-galerie « Un Regard Moderne » à Paris. À partir de 1992, il dessine pour la presse, entre autres pour Libération, Rock & Folk, Nova, Marie Claire, Politis, CQFD (journal), The New Yorker… et illustre des textes d’auteurs pour l’édition (Jack London, Gaston Leroux…). Ses œuvres telles que la bande dessinée Double violence ou le roman graphique La Véritable histoire de John Dillinger abordent les thèmes de la pauvreté, l’injustice et la prison. Il est aussi l’auteur de pochettes de disques et de CD, notamment pour Pat Kebra, Trouble Juice, Fred Alpi, Parabellum, Pascal Comelade ou Les Limiñanas. En juin 2020 il sort une bande dessinée autobiographique aux Editions Nada.

Les Palawa, Tasmanie, Australie, dessin de Margharita Paoletti 

En l’espace de 30 ans (1803-1833), la population des aborigènes de Tasmanie a été réduite de 5 000 à 300 individus. Cette chute de la population s’explique largement par les maladies apportées par les colons britanniques mais aussi par les conflits entre colons et aborigènes. Depuis 1876, on les considère comme une ethnie éteinte puisque la dernière femme à avoir des ancêtres entièrement indigènes est morte à cette date. Elle se nommait Truganini. Il existe cependant encore des individus ayant plusieurs ancêtres aborigènes.

D’après Alain Testart, la disparition des tasmaniens, est lié à une extermination ciblée de la puissance colonisatrice.

La plupart des langues de ces aborigènes (ils parlaient plusieurs dialectes) ont été perdues, de même que la plus grande partie de leur patrimoine culturel. Aujourd’hui, des efforts sont faits pour essayer de reconstituer la langue, le Palawa Kani.

Margherita Paoletti est une artiste peintre et illustratrice. Elle est diplômée de l’Institut européen de design, en illustration et animation, et a suivi des cours à Central Saint Martins et BTK à Berlin. En 2016, elle a effectué des résidences artistiques en Estonie et au Japon, se concentrant sur des projets personnels et des expositions. En 2017, elle s’est installée à Londres où elle a travaillé en tant que créatrice et illustratrice. En 2018, Margherita est retournée en Italie où elle a commencé sa collaboration avec la galerie d’art Cellar Contemporary à Trente, tout en travaillant en tant qu’illustratrice indépendante dans le monde entier.

Les Jarawa, Iles Andaman, Inde, dessin de Gébrael, deux variantes.

Les Sentinelles sont vraisemblablement liés aux Jarawa-Onge, avec lesquels ils auraient perdu tout contact. Ils sont parmi les derniers humains à rester pratiquement isolés de la civilisation moderne et rejettent tout contact avec le monde extérieur. Ils vivent sur l’île de North Sentinel, qui est une des îles Andaman dans le golfe du Bengale.

La population actuelle est estimée à environ 50 à 200 personnes (les chiffres peuvent varier selon les sources) vivant sur l’île depuis environ 60 000 ans.

L’île est défendue par les guerriers Sentinelles qui n’hésitent pas à tuer les intrus avec leurs flèches et leurs lances ; elle est considérée comme un territoire souverain sous la protection de l’Inde, qui en interdit strictement l’approche depuis 2010 par la mise en place d’un cordon de sécurité, entourant de plusieurs miles le pourtour de l’île.

Le gouvernement territorial (îles Andaman-et-Nicobar) a déclaré qu’il n’avait aucune intention d’interférer avec le mode de vie ou d’habitat des Sentinelles.

En 2018, un missionnaire chrétien trouva la mort sous les flèches de cette tribu isolée en débarquant dans l’illégalité sur l’ile de North Sentinel dans l’Océan Indien. Considérant l’île comme un « dernier bastion de Satan » et voulant « partager l’amour de Jésus avec l’un des derniers peuples non atteints au monde », il avait payé des pêcheurs indiens pour l’emmener sur l’île interdite, au mépris des risques de contagions par des agents pathogènes.

Gebrael est un illustrateur et street artist grapheur né en 1991, après des études d’art à Nimes, Barcelone et Saint Denis, il pose ses valises et ses bombes de peinture quelque part dans les Cévennes, mais continue de se balader pour peindre des fresques et grapher selon l’inspiration.

Les Nukak, Amazonie, Colombie dessin de Brulex

L’ethnie amérindienne Nukak (mot qui signifie « les gens » dans leur langue) vit entre les bassins du Guaviare et de l’Inirida, en Colombie.

Les Nukaks ont été découverts en 1988 près du village de Calamar, et depuis, leur nombre a baissé, passant d’environ 1 200 individus (un recensement réalisé en 1992 par le ministère de l’intérieur indiquait 1 663 membres) à 500. Cela est dû principalement aux maladies respiratoires qu’ils attrapent au contact de la civilisation.

Leur espérance de vie ne dépasse pas aujourd’hui 43 ans.

Ils ont quitté la forêt amazonienne à cause de la guerre de la drogue faisant rage entre les FARC, les paramilitaires et l’armée colombienne.

Depuis leur premier contact avec le monde extérieur en 1988, plus de la moitié du groupe a disparu et de nombreux Indiens souffrent de malnutrition, de diarrhée, de grippe et d’infections respiratoires.

En août 2008, le Tribunal Permanent des Peuples (PTT) a jugé que les Nukak étaient en « danger imminent d’extinction physique et culturelle ».

Brulex est un illustrateur et sérigraphe français né en 1986, niché à Lyon depuis autant d’années que l’existence d’un vieux canidé. Créateur polymorphe, il aborde des domaines variés tels que l’illustration, l’édition indépendante et les visuels de concert. Des affiches à la micro-édition, il travaille principalement en sérigraphie, sa technique de prédilection. Ses travaux sont régulièrement présentés dans des salons indépendants à travers les contrées, en France comme en Europe.


Les Maasaï, Kenya, dessin de Christian Rossi

Trois passages couleur sur papier Fedrigoni FreeLife Vellum 260 gr

Les Maasaï constituent une population d’éleveurs et de guerriers semi-nomades d’Afrique de l’Est, vivant principalement dans le centre et le sud-ouest du Kenya et au nord de la Tanzanie.

Les Maasaï appartiennent au groupe des sociétés nilotiques et ont émigré depuis le Sud du Soudan vers le XVe siècle, accompagnés de leur bétail domestique.

Le fait qu’il occupe de nombreux parcs animaliers d’Afrique de l’Est a probablement contribué à faire du peuple maasaï l’un des plus connus du grand public occidental. Les Maasaï maintiennent leurs traditions culturelles tout en prenant part aux forces économiques, sociales, et politiques contemporaines, dans la région et au-delà.

En Tanzanie, les populations Maasaï subissent depuis début 2013 des tentatives d’expropriation de la part du gouvernement du président Jakaya Kikwete. Leurs terres sont accaparées pour des projets de réserves naturelles pour touristes et chasseurs ( en Tanzanie), ils se retrouvent sur des terres moins fertiles et trop arides pour leur troupeaux, avec comme conséquence, l appauvrissement des communautés Maasaï.

La danse adamu ,ici représentée ,est habituellement pratiquée lors d un rite de passage, elle est une forme de compétition opposant les hommes, ceux-ci devant sauter le plus haut possible en conservant les pieds joints.

Christian Rossi est un dessinateur et scénariste français de bandes dessinées.
Il étudie le dessin à l’École Estienne et commence son parcours en 1973 par de courtes histoires dans Formule 1, magazine pour la jeunesse des éditions Fleurus, descendant de Cœurs vaillants et ancêtre de Triolo.
Par la suite, il multiplie les participations à d’autres magazines de bande dessinée, pour le même éditeur (Djin, Historiques), pour Glénat (Circus en 1981, Gomme ! en 1982) ou pour les Éditions du Fromage (L’Écho des savanes en 1985). De 2003 à 2011, il publie, avec Fabien Nury et Xavier Dorison, la série « W.E.S.T. ».

Les Sami, Europe du Nord, dessin de Emre Orhun, deux variantes

Les Awa, Amazonie, Brésil, dessin de João Pinheiro

Les Awá sont l’un des deux derniers groupes de chasseurs-cueilleurs nomades du Brésil ; ils vivent dans la partie orientale de l’Amazonie brésilienne dans l’État du Maranhão ;

Ils ne comptent plus qu’environ 600 individus, dont une centaine n’a toujours aucun contact avec le monde extérieur. Ceux qui sont nomades vivent en petits groupes très mobiles de 20 à 30 personnes dans les régions boisées du Maranhão, qui ne cessent de rétrécir.

Depuis les années 60, leurs territoires sont la cible des bûcherons qui percent des routes au bulldozer à travers leurs forêts et des colons qui chassent le gibier dont ils dépendent et les exposent aux maladies et à la violence. Plusieurs fermes d’élevage de bétail occupent de grandes étendues du territoire awá et ont déjà détruit une grande partie de leurs forêts.

Bien que le territoire awá ait été démarqué et que son usage soit en théorie exclusivement réservé aux Indiens, il est en réalité en proie à l’invasion constante et à la déforestation massive. Le gouvernement brésilien n’a pour l’instant ni expulsé, ni sanctionné les bûcherons, les fermiers et les colons qui occupent désormais leurs terres.

João Pinheiro né en 1981, vit et travaille à São Paulo au Brésil. Artiste visuel et auteur de bandes dessinées, Pinheiro a contribué à travailler avec divers magazines et journaux, des éditeurs de livres, mais aussi des producteurs de vidéos et agences de publicité. Il est l’auteur de Kerouac , de Burroughs et de Carolina co-écrit avec Sirlene Barbosa. édité chez les éditions Presque lune

Les San, Namibie, Afrique du Sud par Conrad Botes ( Afrique du Sud)

Les Bochimans sont les plus anciens habitants de l’Afrique australe où ils vivent depuis au moins 44 000 ans. Leur habitat actuel est réduit au désert du Kalahari.

L’arrivée des Hollandais (Boers) et huguenots au XVIIe siècle puis des Britanniques acheva de les réduire à la misère en les chassant de leurs terres ancestrales. Au XVIIIe siècle, les fermiers se regroupaient en milices (kommando) qui lancèrent des expéditions contre les San.

Aujourd’hui relégués sur l’une des terres les plus ingrates du monde, le désert du Kalahari, les San risquent encore de devoir migrer car le gouvernement du Botswana affirme vouloir les intégrer aux bienfaits de la civilisation mais, selon les intéressés, il s’agit surtout de laisser la place à la prospection diamantaire que projetterait la De Beers.

En 1997, beaucoup furent expulsés de chez eux dans le Kalahari et ceux qui sont restés ont subi des diminutions draconiennes de leur territoire de chasse. Au début de l’année 2002, le harcèlement s’est intensifié : leurs pompes à eau ont été détruites, les réserves d’eau vidées dans le désert et la chasse et la cueillette interdites. Considérés comme des braconniers, pratiquement tous les San ont alors été expulsés de la Réserve du Kalahari.

En 2006, après quatre ans de procédure, la Haute Cour botswanaise a reconnu l’illégalité et l’inconstitutionnalité de l’expulsion des San de la réserve animale du centre du Kalahari, sans pour autant imposer au gouvernement de fournir un accès à l’eau dans cette zone.

Le gouvernement ne semble cependant pas enclin à leur faciliter la tâche. Fin 2007, les San ont annoncé au Botswana qu’ils intenteraient un nouveau procès au gouvernement s’ils ne peuvent retourner sur leur territoire. Le 21 juillet 2010, la Haute Cour botswanaise statue que les San ne peuvent utiliser ni construire de puits dans le désert du Kalahari, les privant ainsi d’approvisionnement en eau.

Conrad Botes, parfois appelé Konradski, est un artiste et auteur de bande dessinée sud-africain.
Malgré des travaux dans différents domaines des arts graphiques, il se considère avant tout comme un auteur de bandes dessinées.
Il est l’un des fondateur, avec Anton Kannemeyer, dit Joe Dog, et Lorcan White, de la revue de bande dessinée de référence « Bitterkomix », créée en 1992 à Stellenbosch. ( une anthologie est sortie à l’Association)

Les Moken, Birmanie, Thaïlande par Benjamin Flao

(texte temporaire )

Les Moken de Birmanie (îles Mergui) et de Thaïlande (îles Surin) sont un peuple nomade maritime d’Asie du Sud-Est. Il ne faut pas les confondre avec les Moklen du littoral et des îles voisines, dont le mode de vie est semi-sédentaire.

Les Moken ne sont pas tous reconnus comme citoyens thaïlandais. Ceci les exclut du système éducatif, et leur interdit de posséder des terres. Ils pratiquent l’animisme et leurs chamanes possèdent une riche pharmacopée traditionnelle.

Le mode de vie des Moken des deux pays est de plus en plus différent. En Thaïlande, ils sont enfermés dans des parcs nationaux, ce qui ne leur laisse aucune latitude pour pratiquer leurs activités traditionnelles, certaines d’entre elles étant fondamentales2. En Birmanie, paradoxalement ils jouissent de plus de liberté.